Autobio

Où je parle de mon sujet de prédilection, moi.

’lloo !
PREMIÈRE AUTOBIO (non remaniée)

Quelque chose a dû foirer à un moment ou à un autre. Forcément. Mais quoi ?

Quand j’étais petit garçon, ma gentille grand-mère m’emmenait à la période de Noël voir un Walt Disney dans un des magnifiques cinémas des Grands Boulevards.

Ma maman ne ratait jamais la Chandeleur et me faisait une pile de crêpes rien que pour moi tout seul, préparant toujours la pâte la veille parce qu’elles sont encore meilleures comme ça.

Mon père me confectionnait des cerfs-volants que nous allions faire voler en courant dans les prés au milieu des vaches. Nous faisions aussi de grands feux et c’est lui qui m’apprit à faire cuire les pommes de terre dans la braise.

Alors ?
Alors à quel moment tout a basculé ?

Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai su très tôt que j’avais au fond de moi une sorte de démon — vite insatiable — qui me poussait dans une voie différente de mes camarades de classe, vers un autre monde.

Puis j’ai constaté en grandissant, dans le regard des autres, l’incompréhension, parfois même l’inquiétude et des sourires gênés comme seules réponses à mon agitation.

Personne n’a mal fait. J’avais ÇA en moi.

Dans les années soixante-dix, j’ai fréquenté un lycée professionnel, ce qui me permit de savoir une fois pour toutes que j’avais des envies autres que des lendemains administratifs et une existence toute tracée.

J’ai alors commencé à faire tout ce qu’il ne fallait pas, dans un élan punk destructeur, me procurant ce dont j’avais besoin avec de jolies peurs et des envies soudaines de courir très vite.

J’ai continué ainsi, multipliant les rencontres et les déceptions, carburant à toutes sortes d’expériences qui m’ont fait frôler à plusieurs reprises la prison, la folie ou l’arrêt brutal de la partie par forfait du candidat.

À ce « jeu », j’ai causé bien des déchirements, faisant subir aux quelques personnes qui m’ont aimé l’imprévisible et égoïste décision d’un énième départ pour toujours « plus loin », suivi d’une insupportable attente pendant mes longues errances et enfin la douleur de voir dans quel état désastreux je rentrais.

Des années qui se sont muées en souvenirs vagues, avec parfois la sensation curieuse qu’il s’agissait du passé d’un autre, d’extraits d’une biographie lue il y a très longtemps.

Je ne vais pas me livrer à un inventaire. J’aurai d’ailleurs bien du mal à classer tous les événements, à pouvoir établir une quelconque chronologie là où il n’y a toujours eu que pulsions, furies, choix souvent absurdes et projets éphémères en cascade.

Rapporter ici des anecdotes en pagaille n’aurait aucun intérêt, pas plus que se gargariser des heures durant de « faits de guerre » pourrait laisser penser qu’il y a une quelconque gloire à tirer de cette existence désordonnée.

Il est inutile aussi de regretter quoi que ce soit et le spectre détestable de la rédemption, avec son odeur de soufre et son sourire carnassier, peut passer son chemin.

J’ai aimé plus que de raison ces situations extrêmes et enivrantes, mais je vais les garder au fond de moi, une fois pour toutes.

Étaler tous ces instants « extraordinaires » qui s’effacent peu à peu de ma mémoire ne serait pas compris par beaucoup, qui ne verraient là-dedans que des tribulations dérisoires, les caprices d’un enfant unique.

Il faudrait que je prenne le temps d’expliquer mes tourments mais j’aurais l’impression de me justifier, d’organiser ma défense.

Je préfère m’amuser dans la dernière ligne droite en « balançant » quelques petites histoires sans importance.

(Et trop souvent, je croise des gens stupidement fiers de leurs actions transgressives, qui veulent absolument me raconter, en prenant un ton qui se veut être celui de la complicité, ce genre d’expériences personnelles, intimes, pour ne pas vous l’imposer maintenant.)

Voilà.

Je pense avoir dit le principal. Vous en savez assez.

Le jour se lève. Il me faut maintenant terminer cette bio qu’ils veulent pour aujourd’hui, trouver encore quelques mots pour conclure et pouvoir la poster.

Finissons-en.

Au moment où de vieux projets latents semblent devoir se réaliser un peu par hasard, j’ai une pensée pour les rares véritables compagnons de route, descendus pour la plupart en marche, et qui m’ont accompagné à un moment ou à un autre.

Et je suis surpris d’être encore là ce matin, trempant d’une main une tartine beurrée dans mon bol de café noir, et de l’autre, à écrire ces lignes.

POUR PROLONGER MA PREMIÈRE AUTOBIOGRAPHIE :

À l’heure où tous les types de mon âge s’affairent à comptabiliser fébrilement leurs points retraite et à prendre un rendez-vous pour un dépistage gratuit du cancer colorectal, j’ai rangé ma guitare et j’ai pris six mois pour mettre sur papier, sous forme de vague roman, tout ce qu’on braille depuis toujours dans des micros, poussé comme par un déséquilibre hormonal de jeune ado qui aurait perduré.

Mon inquiétude taraudante est, je vous le confie, d’être assimilé à ces « retardataires » qui s’achètent des pinceaux et une boîte de couleurs pour se lancer dans la reproduction de cartes postales du Port de la Cotinière sur papier Canson à l’heure où parallèlement ils commencent à s’intéresser aux publicités Convention Obsèques qui passent à la télé.

Imaginez (Imaginez !) qu’un outrecuidant dise — par exemple — qu’il ne s’agit là que de « littérature andropausée » !!! […]

Il s’agit d’un extrait de l’une des nombreuses lettres – celle-ci date de 2011 – que j’ai envoyées sur une période totale de 3 ans pour harceler un éditeur avant de lui faire parvenir le manuscrit de DES LARMES COMME DES BANANES. J’optai finalement pour l’autoédition au printemps 2014 afin d’avoir toute liberté dans la mise en page très particulière que je désirais pour mon texte. La maison d’édition*, destinataire de ce courrier, disparut la même année.

* Une jeune maison d’édition indépendante qui se consacrait à la littérature noire au sens le plus large : critique sociale, peinture des déroutes et des folies de l’époque, fresque urbaine, roman noir, western urbain.

Enfance
Serge DEFT enfant - auteur de roman indépendant
Album personnel
Vacances en Bretagne
Photographié par mon père
Serge DEFT enfant - auteur de roman indépendant
Photo scolaire
Serge DEFT enfant - auteur de roman indépendant
Lors d'un mariage
Époque PUNK
Serge DEFT jeune - "Mon" Autoportrait - 1977 | auteur de roman français indépendant
"MON" AUTOPORTRAIT - 1977
Pupilles dilatées et coquilles d’œuf.
Serge DEFT jeune - "Mon" Autoportrait - Août 1979 | auteur de roman français indépendant
Autoportrait - août 1979
" Trop vieux pour mourir jeune " sergeDEFT - constat tardif en février 2015
Ce que j’écris

Des romans nerveux et contemporains.

J’écris des romans contemporains français qui naviguent entre tension urbaine, désir, humour noir et énergie rock.

Dans Des Larmes comme des Bananes, la narration est volontairement bousculée. Les voix se croisent, les instincts remontent à la surface, et l’ironie sert parfois de protection.

Dans RITA Orgasme mécaniques, la vitesse devient un langage. Les moteurs, les corps, la ville : tout fonctionne comme un système sous pression.

L’indépendance éditoriale me permet d’assumer cette écriture singulière. Elle me donne la possibilité de proposer des romans qui ne ressemblent pas à des modèles préfabriqués.

Je m’adresse aux lecteurs qui apprécient :

  • Les romans français indépendants

  • Les univers décalés mais maîtrisés

  • Les dialogues vivants

  • Les atmosphères électriques

  • Les personnages qui ne rentrent pas parfaitement dans les cases

La littérature peut être élégante sans être lisse.
C’est dans cet équilibre que je me situe.